2 dates de naissance : 1904 et 1944.

La première (1904) correspond à la création du Racing Club Franc-Comtois (RCFC), club omnisports qui pratiquera l’athlétisme, le cyclisme, et le football-rugby, la seconde (1944) à la prise d’indépendance de la section rugby du club omnisports et à son changement d’état civil puisqu’elle prend le nom d’Olympique de Besançon (OB) tout en assurant la continuité du parcours précédent : même niveau de compétition, mêmes joueurs, mêmes dirigeants.

Comme les premiers matchs disputés en 1904 par le RCFC le sont selon les règles du rugby (avant qu’apparaissent en 1905 des matchs de football), l’OB peut donc affirmer aujourd’hui qu’il est le plus ancien club de sport collectif de Besançon.

Il est toutefois à noter qu’avant même la création du club civil, le rugby était déjà pratiqué par les élèves du lycée Victor Hugo depuis 1902.

Besançon n’est donc alors pas en retard pour s’ouvrir au rugby car il n’existe qu’environ 80 clubs ou sections pratiquant ce sport en France, et, dans la région, les naissances des plus grands clubs datent de 1900 : Dijon et St-Claude, 1901 : Le Creusot, 1905 : Dole et Belfort, 1906 : Lons le Saunier, et 1927 : Pontarlier.

À l’origine de cette création en 1904, des militaires en garnison à Besançon, Camille Tissot, Victor Fontaine et le brigadier Picard notamment, et des lycéens et étudiants du lycée Victor Hugo, tels Emile Gellie, le premier président, Charles Jeanpetit, Gaston et Maurice Grivet…

C'est au café de la Bourse, Place de la révolution, qu'a été fondé le club en 1904
C'est au café de la Bourse, Place de la révolution, qu'a été fondé le club en 1904

Le premier match de rugby « civil » a lieu devant un nombreux public de curieux, le 16 octobre, entre une équipe A et une équipe B, aux Prés de Vaux. Les A battent les B par 13 à 3 grâce à 3 essais de leur arrière Grivet.

C’est le 11 décembre 1904 que les bisontins affrontent leur premier adversaire extérieur, à Dijon. Mais hélas, la presse, qui a annoncé le match, et donné la composition de l’équipe, n’en a jamais donné le résultat et cette information est évidemment introuvable aujourd’hui. Nous pouvons sans doute en déduire que les bisontins avaient perdu car dans le cas contraire ils auraient vraisemblablement veillé à faire connaître la nouvelle.

Cette équipe, qui mérite de passer à la postérité, était ainsi composée :

arrière : Grivet ; trois-quarts : Gellie, Fontaine, Bervillers, Gaulard, Billet ; demis : Laimond, Clabaud
avants : Roland, Jeanpetit, Robbe, Dubois, Lévy, Deniaud, Gouel, Brager.

Par contre, pour le match retour aux Prés de Vaux, le 12 février 1905, nous savons que Besançon a battu Dijon 3 à 0.

On joue à cette époque sur le terrain des Prés de Vaux, avec toilette d’après match dans le Doubs, ballons régulièrement perdus au fil de l’eau ou miraculeusement repêchés à l’épuisette….

C’est à Chalon sur Saône, le 26 février 1910, que le premier grand triomphe est enregistré : Besançon devient champion de Bourgogne – Franche-Comté en battant Le Creusot par 6 à 3.

L’une des deux périodes les plus glorieuses du rugby bisontin est la période 1935/1944

Le 19 avril 1936, à Moulins, Besançon dispute la seule finale de championnat de France de toute son histoire, celle de la 2ème série, qui est à l’époque le 4ème niveau national (comme la Fédérale 2 actuelle). L’adversaire est Figeac, auquel Maurice Jabry, sans doute le plus grand rugbyman bisontin du siècle, inscrit 2 essais …. refusés pour passage en touche signalés à sa grande fureur par le juge de touche de …. Figeac !
Score vierge à la fin du temps réglementaire, et Figeac l’emporte 8 à 0 en prolongations.
Le RCFC rugby ne sera jamais champion de France.

Mais l’équipe d’alors est excellente et gravit les échelons : accession au troisième niveau en 1936, au second niveau en 1938, accession au premier niveau ratée d’un cheveu en 1939….. et obtenue pour la saison 1943 – 1944 : Besançon joue en Excellence, en poule XII, avec Chalon, le LOU, St-Denis, Dijon, Le Creusot, Vienne et Macon et réalise un bon début de parcours, avec notamment une victoire au Creusot.
Mais traumatisés par l’exécution par l’occupant de leur demi de mêlée Charles Bochard, les bisontins mettent fin à leur saison à trois matchs de la fin. Ils se classent tout de même 6èmes sur 8.

Maurice Jabry, né en 1911, pratique le football, l’athlétisme et l’aviron, puis découvre le rugby en 1928. Dès 1929, à 18 ans, il est titulaire à l’aile de l’équipe fanion. Il crée une école de rugby en 1937, joue jusqu’en 1952, à 41 ans, et entraînera jusqu’en 1960 après avoir été à l’origine de la création de l’OB.

Entre temps, il découvre le hand-ball pendant la guerre, à Cannes, et est sélectionné en équipe de France en 1941 !
Athlète et marqueur d’essais hors du commun, il aurait sans doute été international s’il n’avait quitté la région pour aller dans le sud-ouest.

Les grands noms de cet âge d’or du rugby bisontin : au côté de l’extraordinaire Maurice Jabry, s’illustrent Jean Tercieux, Robert Camus, Marcel Brossard, Sylvain Rochet, Jean Richard, Alphonse Fortanet, Henri Collette, François Sales, Bernard Inthamoussou, Abel, Joseph et Serge Manso, et le martyr de la résistance, Charles Bochard.

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L’équipe du RCFC en 1938
Rang du haut de g à d : Richard, A Manso, Vincent, Mathon, Chanonat, J Manso, Cicéry, Daulon, Fortanet
Rang du milieu de g à d : Collette, Jabry, Rochet, Jalabert, Brossard, X, Cri-cri Traversier, le soigneur
Rang du bas de g à d : Charles Bochard, Inthamoussou, Sales

Le 3 novembre 1944

L’assemblée générale des rugbymen du RCFC, emmenée par Maurice Jabry, décide de quitter ce club au sein duquel la section Football, adoptant le professionnalisme, pèse trop lourd.
Elle crée l’Olympique de Besançon, et adopte un écusson bleu azur et bleu roi et trois anneaux accrochés, bleu azur, bleu roi, et rouge.
Toutefois, en ces années de pénurie, les maillots bleu azur et bleu roi s’avèrent introuvables et on décide donc de jouer « provisoirement » en bleu et blanc. Le provisoire durera une cinquantaine d’années !
Le nouveau club est présidé par René Guinot, Maurice Jabry assurant le secrétariat et François Sales la trésorerie.

En 1944/45 et 1945/46, dans un championnat de France une nouvelle fois réformé (ce ne sera pas la dernière car c’est une habitude bien ancrée dans le rugby), l’OB s’accroche courageusement en Excellence (2ème niveau), mais c’est ensuite la dégringolade jusqu’au fin fond du championnat régional pour plus de vingt ans.

A partir de 1965, bien qu’opérant toujours en championnat régional, l’équipe fanion de l’OB réalise de sérieux progrés. Elle est régulièrement alimentée par des jeunes joueurs passés par l’école de rugby et les équipes de cadets et de juniors.

De plus, un entraîneur joueur excellent meneur d’hommes, Marcel Masnada, rejoint le club, suivi par quelques joueurs talentueux (Firmin Moncet, Claude Outrey …..).

Un groupe très fort dans toutes ses lignes se constitue et les ambitions reviennent. Elles sont concrétisées par l’extraordinaire triplé réussi de 1970 à 1972, performance alors jamais réussie en France par aucun club :
accession en divison 3 en 1970, en division 2 en 1971 et en division 1 en 1972 !

C’est à Vienne, le 26 mars 1972 que l’OB, avec cinq juniors dans l’équipe, bat Montélimar 9 à 6 (1 essai de Bourcet, 1 transformation et 1 pénalité de Millet) et accède au plus haut niveau du rugby français, exploit qui amène la télévision nationale à faire un reportage sur Besançon pour l’émission télé-dimanche de Michel Drucker, et le journal « Le Monde » à consacrer un article sur trois colonnes à cet étonnant phénomène.

L’OB alignait ce jour là : Arrière : Paillard ; Trois-quarts : Hélias, Carmien, Bourcet, Venchiarutti ;
demi d’ouverture : Millet ; demi de mêlée : Chapuis ;
3ème ligne : Petitjean, Krutzner, Ferré ; 2ème ligne : Outrey, Moncet (cap.) ; 1ère ligne : Belzung, Cholle, Molinas.
Les piliers Belzung et Molinas, le 3ème ligne Petitjean, l’ouvreur Millet et le centre Bourcet étaient juniors.

La saison 1972/1973, avec des confrontations face à Brive, Mont de Marsan, La Rochelle, Valence, Graulhet, Bergerac et Mauléon voit malheureusement l’OB, au budget dérisoire, et quasiment pas renforcé après sa montée, être rétrogradé en division 2.

Firmin Moncet, leader emblématique des années 70
Firmin Moncet, leader emblématique des années 70
1972

L’équipe du siècle, celle qui a accédé au championnat de France de 1ère division 1972/1973
Rang du haut de g à d : Viennet, Laffont, Denoix, Ferré, Molinas, Petitjean, Belzung, Binetruy, Vogt, Krutzner, Moncet, Outrey, le Vice-Pdt Blanc ;
Rang du bas de g à d : Cholle, Hélias, Bourcet, Carmien, Chapuis, Millet, Rischmann, Venchiarutti, H.Paillard, M.Paillard

A deux reprises, en 1978 et en 1982, l’OB est tout proche de retrouver l’élite, mais s’incline dans les matchs décisifs, face à Limoges, puis face à Vic de Bigorre.

Et ce sont ensuite des années difficiles : le prodigieux Firmin Moncet n’est pas remplacé, ses coéquipiers de « l’équipe du siècle » ne trouvent pas non plus facilement de successeurs, et l’OB, plombé par des difficultés financières, ne parvient pas à aligner des équipes suffisamment armées face à une concurrence constamment renforcée.
De plus, des scissions se produisent, avec le retour d’une section rugby au RCFC, puis avec la création en 1984 de l’ARB (Avenir Rugbystique Bisontin), ce qui affaiblit les fondements même du club.
Il se replie donc sur la formation et les équipes de jeunes (l’OBJ est créé en 1987 afin de permettre aux équipes de jeunes de vivre de façon autonome quels que soient les évènements agitant la direction du club et l’équipe fanion, le tournoi de la Boucle est créé en 1988), mais il ne peut éviter la rétrogradation en division 3 en 1991.

La famille du rugby bisontin se reconstitue en 1994, l’ARB rejoignant l’OB, et une bonne équipe joue les premiers rôles en division 3 pendant plusieurs saisons sans toutefois parvenir à réintégrer la division 2.

L’équipe de l’OB de 1994 qui frôle l’accession en division 2

Pire même, l’Olympique de Besançon descend en championnat régional en 1999 et fait l’ascenseur entre ce niveau et la Fédérale 3 (nouvelle appellation de la divison 3) à plusieurs reprises : descentes en 1999, 2002 et 2006 suivies de remontées en 2001, 2003 et 2007.

Depuis cette date, l’OB opére en Fédérale 3…….. et vise à moyen terme la Fédérale 2…..

(A suivre)……